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 Les soeurs Souffrance. (M, risque de scènes violentes et sanglantes)

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Leiden

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MessageSujet: Les soeurs Souffrance. (M, risque de scènes violentes et sanglantes)   Sam 15 Mar - 3:55

Commentaires.


Prologue : La création.



Dans beaucoup de mythologies, on associe un dieu à un mot, une valeur. A l'intérieur d'un univers où toutes les mythologies sont confondues et égales, où le temps s'est mélangé du moyen-âge jusqu'à la fin de l'époque victorienne; une matérialisation se fit, et une enfant naquît. Première représentante de la Souffrance, elle avait un tatouage de sa première lettre sur le visage. Mais à peine fut-elle crée, que son caractère de joueuse folle et ses yeux quelques peu sadiques alors qu'elle n'était encore qu'une enfant, ne correspondait pas totalement à la façon dont on voulait la représenter. Sans avoir eu le temps d'avoir un nom, elle fut abandonnée dans un champs aux abords d'une petite ville d'Allemagne.

Aussitôt, sa sœur trouva la vie à son tour. Cette fois-ci avec des grands yeux et un caractère calme, intelligent et hautain, sa personnalité cachée et sa profondeur d'esprit symbolisaient bien plus leur idée de la Souffrance, et elle fut alors nommée. Ne pouvant pas rester aux côté de ses parents dont l'existence était abstraite tandis qu'elle était bien concrète, elle fut déposée aux côtés de sa sœur "jumelle", elle attendait patiemment qu'un habitant vienne la recueillir. A peine 30mins après sa création, elle fut adoptée par une famille de nouveaux bourgeois souhaitant  acquérir la noblesse. Sa sœur, elle, était partie quelques minutes avant en courant après un sanglier qui s'éloignait dans la forêt.

Les deux sœurs de Souffrance alors divisées, vécurent deux vies différentes et séparément, l'une dans la liberté et le plaisir d'exercer sa valeur, l'autre dans la standardisation puis l'utilisation fourbe de ce pour quoi elle avait été créée.
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Leiden

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MessageSujet: Re: Les soeurs Souffrance. (M, risque de scènes violentes et sanglantes)   Dim 13 Avr - 2:07

Vengeance d'une bombe à retardement.


Je vivais dans une famille bourgeoise.
Chaque jours, je me réveillais dans un grenier peu aménagé , faute d'une autre pièce libre pouvant accueillir ma chambre. Je mettais cette jolie robe que je portais depuis 2ans maintenant. Elle était un peu courte, mais j'avais réussi à l'allonger un peu en rajoutant des pièces de tissus que j'arrivais à gagner en rendant quelques petits services dans le village. La dame qui s'occupait de moi depuis 10ans m'avais promis la veille qu'on irait à la ville m'en acheter une neuve, car mes rallongements commençaient à se voir à l’œil nu, et il ne fallait pas faire mauvaise impression, car la décision de mariage de ma sœur se ferait demain.
Je me tournais vers ma poupée et lui dit un petit sourire. Puis je toquais deux coups à la trappe me permettant de rejoindre le reste de la maison. Elle me répondit que je pouvait descendre; j'ouvrais la trappe, me laissais glisser le long de l'échelle. Elle était encore dans son lit, me regardant avec ses petits yeux bleus, un sourire au lèvre.
- Tu vas aller en ville avec maman ? demanda-t-elle
- Oui, pour demain.
Elle baissa les yeux et son sourire retomba.
- Tu resteras avec moi quoi qu'il arrive hein ?
- Tu sais bien que oui. De toute façon, demain c'est juste pour conclure les fiançailles. On a encore six ans à vivre ensemble, ensuite je viendrai te voir souvent, et toi tu auras de nouvelles belles robes chaque semaine et tu verras les personnes haut-placées. Tu auras de quoi être fière.

Elle se leva, s'habilla à son tour, puis me prit par la main et, en sautillant, m'amena dans la cuisine pour que nous puissions manger un morceau avant de partir.
Elle fit tomber un peu de jeu d'orange sur sa robe, je voulu l'essuyer mais sa mère rentra avant. Elle considéra la scène qui venait de se passer et s'approcha alors.
Elle lui infligea une monstrueuse claque, trop rapide pour que je puisse l'arrêter, et repartit aussitôt en me demandant de monter dans la voiture. Nous allions être en retard pour l'ouverture des magasins. J'appliquai rapidement de l'eau sur la joue de ma petite sœur, lui demandant de m'excuser. Elle me répondit d'un petit bisou sur la joue, puis j'exécutai l'ordre qui me fut donné.

Je passais la matinée à essayer les diverses robes lorsque l'horrible femme fut satisfaite. On commença alors les ajustements sur moi, on me serrait la taille, touchait les épaules et bras pour voir si les manches étaient ajustées, ce qui ravivait certaines douleurs de bleus. Mon adoptrice me laissa là, elle devait elle aussi s'acheter quelques accessoires allant avec sa robe.

Lorsque ce fut enfin terminé, on mit la robe dans un sac et me laissa sortir, elle était déjà payée. J'avais faim. Je passais devant les magasins cherchant où la femme narcissique achetait ses bijoux pour enfin rentrer. Mais la promenade dura longtemps, je ne la trouvais pas. Je retournais alors là où la voiture nous avait laissée, aucune trace, elle était partie. Et j'étais là, toute seule.

Il fallait pourtant que je rentre. A pieds, j’arriverais le lendemain matin à l'endroit du rendez-vous où la famille de ma sœur devait conclure leurs horribles arrangements. Je me mit alors en route, de toute façon personne ne reviendrait me chercher.

La première douleur fut d'abord au niveau du bras. La robe dans le sac pesait lourd, il fallait donc que je change toutes les demies heures de main pour la porter. Puis ce furent les pieds. Les souliers frottaient et me faisaient des ampoules. Je marchais alors pieds nus, les graviers me piquaient les pieds, j'allais alors dans l'herbe bien qu'à cause de la boue, avancer me demandait plus d'efforts.

La nuit tomba. Aucun nuage, la Lune était à demie effacée, le vent soufflait et j'avais un peu froid. Mais il fallait continuer, j'avais promis à ma sœur d'être là le lendemain. Je verrai sa mignonnette peau rose enveloppée dans une petite robe très chère mais dont la beauté n'égalera pas celle de mon angèle.* J'observerai également comment ses monstrueux parents signeront cet horrible pacte de fiançailles, troquant leur fille pour un stupide titre, lui offrant de longues années enfermée dans l'hypocrisie, l'égoïsme et la cupidité de son entourage, "comblées" par des tonnes de bijoux et vêtements, dans le but d'améliorer la réputation de la famille. Les rafales soufflaient chaque secondes plus violemment.
Puis enfin tout se calma. Je m'arrêtais net. Plus de vent, de bruit, de sensation. Un grand vide. Comme dans un endroit différent. Puis un battement de cœur, le mien. J'avais un cœur, moi ? Il me faisait extrêmement mal. Mais ce n'était pas la même douleur que celle de mes pieds ou de mes bras. C'était différent. Une souffrance, entre le désespoir et la colère. Cette dernière s'amplifiait, je me mettais à courir.

Au petit matin, j'arrivais devant la grille de la propriété du futur fiancé de ma sœur. Je voyais leur voiture arriver, mon adorée était dedans. Elle faillit m'apercevoir, j'allais alors me cacher derrière une haie. Derrière la voiture, la grille resta ouverte. Je me faufilai alors, puis m'approchai de la fontaine après que la famille fut rentrée. Je m'y débarbouillai, rinçai rapidement mes pieds, enfilai la nouvelle robe et remis mes souliers. Je frappai à la porte, le valet m'ouvrit, me conduisit au groupe formé part les parents de ma sœur, ceux de son fiancé, et ce dernier en face de ma protégée, avait ses mains posées au dessus de ses petites hanches.
Tout le monde me dévisagea. L'horrible garçon de 14ans promit à ma sœur continua de tater sa taille pour "jauger" de sa beauté. Mes "parents" adoptifs commencèrent à me crier dessus,"Leiden ! Sors !" le bas de la robe était couvert de boue, le sac avait dû y traîner pendant que je marchais. Je ne disais rien, ne fit aucun reproche, aucune justification. La famille qui devait nous céder le titre de noblesse me fusillait du regard.
La colère de la veille se réveilla une nouvelle fois, je me remis à trembler. J'avançais vers ma sœur, retirais les mains de l’intrus de sa taille. Il me poussa, replaça ses mains. Je lui tournais le dos, attrapa le premier bibelot qui me passait sous la main. Il y avait une statuette en plomb, assez grosse. Au mur étaient accrochées des épées. Je me saisissais de la statuette, l'envoya au loin sur la tête du pervers accroché à ma sœur, en criant à cette dernière de se pousser. Il tomba raide mort, la statuette lui avait explosé le nez, dont l'os était remonté au cerveau. On voulu m’attraper, me frapper, encore. Je me saisit d'une épée, elle était lourde mais assez aiguisée pour trancher. Un coup, l'horrible femme morte. Un deuxième, celle de la mère du premier mort. Les deux hommes restants voulurent se saisir de l'épée restante, j'en embrochais un pendant qu'il la décrochait, l'autre récupéra l'arme, saisit ma sœur. Il la lâchait dans la seconde qui suivait, sans avoir pu exercer ses menaces. Il avait, en tombant, lâché son unique moyen de défense sur la jambe de ma sœur. Elle poussa un immonde cri, tombant par terre. Je m'approchais d'elle, récupérait l'épée de sa jambe, la seconde de la tête du monstre. Je lui replantais. Encore et encore, pendant dix bonnes minutes. Puis je mis le feu aux cadavres, qui embrasèrent ensuite la maison. Ma sœur était déjà partie, elle rentrait. Elle avait eu peur de l'horrible spectacle. Il fallait que je la rattrape, avec sa jambe elle risquait de se blesser davantage. La maison était à dix minutes de marche.

Je la rejoignais sur l'entrée. Elle ne voulait pas me voir, me repoussait, se hissa dans la maison, demandant quelqu'un. Son frère était rentré, apprit la nouvelle en observant sa jambe. "Déchet ! Personne ne voudra de toi pour femme, nous n'aurons jamais le titre de noblesse, par ta faute ! " Sur ces paroles, il se saisit d'un couteau, lui planta au hasard dans le visage, dans un œil."La famille n'a aucun déchets. Nous sommes tous parfais." J'assistais à la fin de la scène, il commençait à s'acharner sur elle. J'avais eu le temps, avant de revenir, d'aller chercher ma poupée. Je l'avais dans ma main, et une aiguille dans l'autre. Comme les vaudous, je commençais à la piquer. A la tête, il fut troublé émotionnellement, et s'arrêta de faire du mal à ma sœur, pendant qu'elle se traînait par terre pour sortir de la pièce. J’ouvris les boutons de la tête de ma poupée, en sortit des tout petits objets, avec des inscriptions dessus. "Joie" je le piquait avec l'aiguille, l'homme commençait à rire. Je brisais l'objet, il fut soudain comme déprimé. "Tristesse" Je le piquais, encore et encore, il pleurait. Enfin le petit objet "Dépression" était apparu, je le prenais et le titillais encore. Il se saisit alors d'un couteau, je n'avais pas peur, et se le planta dans le ventre.

Je refermais ma poupée, mettais le feu une fois de plus au cadavre, et suivais les traces de sang de ma sœur. Elle était sortie de la maison, le ciel était couvert. Elle s'allongea dans l'herbe, la tête tournée vers moi, en me souriant doucement. Elle mourrait en pleurant et en faisant des petits bruits de souffrance. Je plaçais ma poupée à côté d'elle, elle prit sa main et la mienne.
- Je veux être comme ta poupée, dirigée et chouchoutée par toi, rester avec toi, et ne jamais mourir.
Alors, ses yeux se fermèrent, elle ne respirait plus. Puis son corps se mit à durcir et à rétrécir, encore et encore, jusqu'à la taille de ma poupée. Ses articulations devenaient voyantes.
Je la relevai, elle ouvrit les yeux.



note : *angèle = terme dérivé d'"ange", utilisé par la narratrice pour désigner sa petite soeur.
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