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 Ave Maria [T]

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DivinusNephilim

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MessageSujet: Ave Maria [T]   Mar 24 Juin - 14:51

'Lut.! Désolé pour mon absence, malgré mon jeune âge je suis vite débordée °°
Je vous présente mon petit bébé, Ave Maria (admirez le lyrisme. Le premier qui me parle d'Arielle, je le flingue ♥), une fiction historique.
Bonne lecture ~ ♥
COMMEEEEEENTE
s'teuplé.!


PROLOGUE ~
Song ♪




3 Juillet 1191, Saint Jean d'Acre, Syrie

Le sol syrien trembla sous les sabots impétueux des chevaux arabes. Il y était habitué, depuis ce fameux jour de 1189. Les assauts répétés des armées chrétiennes l'avaient marqué à jamais.
Mais cette fois-ci, tout était différent.Ils devaient attaquer, et vite.
Le peuple musulman ne tenait plus, à court de ressources. Les croisés ne semblaient ni souffrir de la faim, de la soif, et du soleil ardent. Des démons, songea Salâh ad-Dîn*, ses mains gantées agrippées aux lanières de cuir qui menaient son cheval. Entre les oreilles fragiles et incurvées de celui-ci, le sultan espérait voir son morceau de terre apparaître, qu'il puisse le défendre comme il le devait.
Tout avait commencé avec la libération de Guy de Lusignan. Quel idiot avait-il été de le libérer ! Et pourquoi ne s'en était-il par alarmé plus tôt ! La taille de l'armée du croisé avait été tellement ridicule, qu'il n'avait pas pris la peine de se déplacer, pensant avoir à faire à une ruse visant à cesser le siège  de la forteresse de Beaufort. Puis, au fur et à mesure, les germaniques, les anglais et les français l'avaient rejoint. Par sa faute, sa ville, ses habitants étaient complètement coupés de l'extérieur. Les chrétiens étaient aussi présents sur le port, coupant court à toute stratégie du Sarrasin. Cette offensive était vouée à l'échec, il le savait. Mais il ne pouvait regarder sa cité tomber, sans rien faire. Il fallait que son peuple sache qu'il avait tout tenté et que cette initiative était la meilleure qu'il pouvait prendre.
  Ses émirs chevauchaient à ses cotés, les yeux plissés, la mâchoire crispée, les muscles tendus par la colère. Par Allah !  Tout était de sa faute s'ils en étaient arrivés là ! Il aurait pu laisser Antioche à ses meilleurs soldats; Ils auraient été capable de la défendre, pendant qu'il remettait les chrétiens à leur place.
Assez ! gronda une voix dans son esprit. Il serait toujours temps de se flageller plus tard ! Il devait rejoindre Acre au plus vite, et non tergiverser sur le siège de la ville musulmane.
Il n'avait pas eu le temps d'attendre le retour de ses éclaireurs. Ceux-ci s'étaient peut-être déjà fait tuer et il savait très bien ce qu'il l'attendrait. Deux rois : Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion. Un imbécile : Guy de Lusignan. Une armée dont la taille avait triplée. Et de son coté ? Lui. Une poignée d'homme qu'il avait ramené d'Antioche.
Avec rage, il fit claquer ses rênes sur l'encolure de son cheval qui hennit, mécontent. La pauvre bête galopait aussi vite que possible, dévalant les pentes arrides et irrégulières. Ce paysage désertique prouvait qu'ils étaient encore à quelques lieux de la cité, la verdure y étant un peu plus abondante.
Soudain, un cavalier apparut entre les oreilles de son étalon enragé. Il tira vivement sur les rênes et sa monture se cabra. L'ordre de s'arrêter fut hurlé par ses généraux.
Le cavalier ayyoubide descendit lourdement de sa selle et le sultan remarqua qu'il était blessé. Il s'approcha de l'armée musulmane en boitillant et tomba maladroitement à genoux. Sa bouche se tordit en un rictus de douleur, mais aucun son n'en sortit. Au bout de quelques secondes où le sultan laissa son soldat se reprendre, celui-ci finit par prononcer d'une voix bourrue :
- Assalamu aalaykum, Malik.
- Wa aalaykumu asalaam.
**
- Ils vous attendent. Tous armés. Comme s'ils savaient que vous arriveriez aujourd'hui. Et...
Le soldat ne put finir sa phrase, secoué par un violent spasme. Son corps convulsa un moment et finit par se raidir, du sang bouillonnant entre ses lèvres asséchées. Salâh ad-Dîn sauta de selle, s'accroupit près de l'éclaireur et, approchant sa bouche de son oreille, il murmura :
- Ašhadu an lâ ilâha illa-llâh, wa-ašhadu anna muḥammad rasûlu-llâh.***
Il essuya son liquide vital avec son gant et fit sèchement :
- Vous vous assurerez que son corps reste en bon état. Il est hors de question qu'on laisse le soleil le calciner.
Ses émirs acquiescèrent en hochant la tête. Dos à eux, il ne put les voir, mais il savait que ce décès avait ravivé leur rage des chrétiens, et il ne demandait que ça. Alors, peut-être que Acre leur reviendrait.
  C'est alors qu'au loin, on entendit un grondement similaire à celui qui retentissait quelques minutes auparavant, quand son armée parcourait la plaine. Un cri le suivait, et plus il s'approchait, mieux les ayyoubides comprenait ce que les croisés scandait : “ Deus Vult !”****
Le sultan remonta à cheval et lorsqu'il leva la main, les Sarrasins leur répondirent, enfonçant leurs talons dans les flancs des purs-sang :
- Allahu Akbar !*****




***




Dictionnaire Latin / Arabe ♥

*En Français, on écrit "Saladin". J'ai décidé de rester fidèle à l'écriture arabe, bien plus "belle"
** "Que la paix soit avec vous (mon) roi" "Que la paix soit avec toi (aussi)"
*** Il s'agit de la chahâda, profession de foi de l'Islam. Elle se traduit par :  « J'atteste qu'il n'y a de divinité digne d'adoration qu'Allah et j'atteste que Mouhammad est le messager d'Allah » (Traduction Wikipédia)
**** Exprime la volonté de Dieu
***** "Dieu est grand"

____________________________



Dernière édition par DivinusNephilim le Mer 2 Juil - 19:15, édité 1 fois
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DivinusNephilim

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MessageSujet: Re: Ave Maria [T]   Mer 2 Juil - 19:11

CHAPITRE I.1
Song ♪

4 Juillet 1191, camp des croisés, Saint Jean d'Acre, Syrie

 
Thaddeus de Salisbury serra les dents. Les doigts qui manipulaient le cataplasme imbibé d'une substance gélatineuse s'arrêtèrent.
- Pardon, marmonna une petite voix.
Le jeune homme de dix-neuf ans leva les yeux et poussa, de sa main valide, une mèche blonde qui lui tombait sur les yeux :
- Ce n'est pas grave, répondit-il d'une voix légèrement cassée.
Son ami, William de Galles, planta ses prunelles brunes dans les siennes. Elles semblaient immenses, accentuant le coté sensible et délicat que lui conféraient son visage fins, ses joues rouges et ses lèvres fines. De son coté, Thaddeus était son extrême opposé. Il avait des cheveux blonds et raides, en tout point différents des belles boucles brunes de son ami. Ses mèches étaient tellement crasseuses qu'elles avaient troqué leur belle couleur dorée contre une teinte noirâtre, mélange de terre, de sang, et de poussière. Ses traits étaient plus durs, son nez plus aquilin, ses joues plus creuses, sa bouche plus sèche, les bras plus musculeux. Le type d'homme dont on avait besoin pour la guerre. Mais malgré sa carrure fine, son compagnon avait de nombreuses fois fait preuve d'une rage inimaginable sur le terrain. De plus, il avait réussi à ne pas se blesser.
Le blond rougit en observant sa longue estafilade sur le bras. William était réputé pour être le plus imprudent de tous, mais revenait toujours impeccable.
  Le brun reprit sa besogne, qui consistait à panser la blessure de son ami anglais. Dehors, les négociations continuaient :
- Vivement qu'on retrouve notre ville, grommela le sergent.
- Je dors très bien là dessous, répondit le brun en montrant distraitement la tente.
- Tu dors très bien partout !
Il esquissa un sourire et fronça les sourcils, retrouvant sa concentration.
Thaddeus observa la croix blanche évasée qui marquait son manteau. Il montrait son appartenance à l'ordre de Saint Jean, aussi appelé Hôpital. Le quartier général des Hospitaliers se trouvait à l'intérieur des murs assiégés. En Angleterre, les lits de paille n'étaient pas plus confortables que le sol, mais ils se trouvaient à l'abri de tout danger naturel et des insectes.
- J'ai fini, marmonna William en sectionnant le morceau de tissu avec sa dague. Tu ne t'es pas loupé.
- Merci, répondit l'Hospitalier sans relever sa dernière remarque.
Le Gallois hocha la tête et remarqua la lèvre fêlée de son ami. Sans vraiment réfléchir, il porta ses doigts à sa bouche sans couleurs. Le blond leva un sourcil mais ne se déroba pas. Il savait que son compagnon était très tactile, ce qui l'avait rendu mal à l'aise au début. Aujourd'hui, il avait l'habitude des manies quelques peu étranges du sergent. A leurs cotés, un chevalier marmonna, d'une voix bourrue :
- Bougres.*
William se raidit, mais Thaddeus lui signifia de ne pas y faire attention.

***

13 Juillet 1191, Saint Jean d'Acre, Syrie

  Thaddeus observait le va-et-vient incessant aux portes de la ville. Hier, le sultan et les souverains européens avaient signé une reddition, permettant aux chrétiens de s'installer.
Sa jument frotta ses naseaux soyeux contre sa tunique, comme pour lui signifier qu'il était temps pour lui de finir sa tâche. Il sourit et embrassa l'étoile blanche qui marquait le large chanfrein de sa vieille monture. Reprenant ensuite une poignée de foin, le blond frotta sa robe luisante avec énergie.
Il essuya son front trempé avec une grimace. Malgré le mois de siège qu'ils avaient mené, le jeune sergent ne s'était toujours pas habitué à la chaleur pesante qui l'accablait. Sa compagne de route semblait aussi en souffrir, le nez toujours plongé dans son seau d'eau.
  Au bout d'une vingtaine de minutes, Thaddeus décida de laisser sa monture aux soins d'un palefrenier. Il claqua doucement son ventre dur et elle s'ébroua, mécontente. Il posa à nouveau ses lèvres sur ses poils doux et passa le barrage formé par les chevaliers chrétiens.
La ville de Saint Jean d'Acre était immense, découpée en plusieurs quartiers. Il se gratta la tête. Il n'était plus sûr de pouvoir retrouver la direction de l'Hôpital que William lui avait pourtant bien détaillée. Il poussa un grognement. Son ami aurait encore une bonne raison de lui tomber dessus.
Il erra dans les rues, évitant les mendiants et les commerçants. A la vue de la croix que sa tunique arborait, les voleurs reculaient, aspirés par les ténèbres des rues malodorantes et désertes. Son émerveillement céda vite la place à l'agacement. Voilà trois fois qu'il passait devant le même Croisé qui le regardait d'un air étonné et amusé.
  Un bruit sourd attira son attention. Un chevalier venait de bousculer une jeune blonde pâle et frêle. L'homme, un Templier, marmonna des excuses et continua à marcher avec précipitation. La jeune femme regardait ses rouleaux de tissus tremper dans une flaque boueuse. Les larmes luisaient au coin de ses yeux et ses poings se serraient, preuve évidente qu'elle luttait pour les retenir. Thaddeus se dirigea vers elle et observa la soie inutilisable :
- Elle m'a coûté très cher, murmura la blonde, les yeux baissés.
Le chevalier ne répondit pas et laissa le tissu barboter.
- Où l'avez-vous achetée..? demanda doucement le sergent après quelques minutes, articulant lentement de peur qu'elle ne le comprenne pas.
Ses yeux verts, plus profonds que les siens, le scrutèrent avec surprise. Elle ouvrit la bouche, aspira, et la referma. Puis son bras se leva et elle pointa le doigt dans la direction du port. L'anglais regarda le ciel ou une teinte légèrement bleuâtre le colorait, annonçant la venue de la nuit. Il ne lui restait que très peu de temps avant les vêpres. Aussi décida-t-il d'agir vite et  lui offrit son bras. Elle le saisit timidement, un de ses fins sourcils relevé.
- Je pense avoir de quoi vous en racheter, déclara Thaddeus d'une voix bourrue qu'il ne se connaissait pas.
Rapidement, elle dégagea sa main et secoua la tête, faisant voler sa crinière dorée.
- Il n'en est pas question ! Je me débrouillerai, fit-elle farouchement.
En entendant son très léger accent, le blond leva les yeux au ciel. Les femmes anglaises étaient moins difficiles, et certaines sauteraient sur l'occasion. Il la prit fermement par le bras et se mit en marche. Les protestations de l'étrangère durèrent tout le long du trajet, attirant le regard curieux des passants. Le sergent leur offrit son plus beau sourire et accéléra.
- Vous l'avez acheté chez le marchand pisan ?
La jeune femme lui lança un regard noir et, voyant qu'il ne la lâcherait pas avant qu'il ait conclu la transaction, elle soupira :
- Oui.
- Bien.
A grands pas, il se dirigea vers le négociant italien. Celui-ci sourit à la jeune blonde qui se mit à converser avec lui, dans sa langue. Quand son panier fut à nouveau plein et que ses achats furent réglés, elle le salua et s'éloigna, s'accrochant cette fois au biceps musclé de Thaddeus :
- Vous êtes italienne ?
- Si. Di Genova.**
Il l'observa. L'armée française, menée par Philippe Auguste, avait eu l'occasion de s'arrêter dans cette cité qu'il désirait visiter. La blonde tira sur son bras et l'Hospitalier remarqua son air contrarié.
- Vous me parliez ? demanda-t-il, gêné
- Je vous demandais où vous vous rendiez !
- A l'Hôpital. Mais je ne sais pas vraiment où il se situe.
Ses yeux émeraudes s'illuminèrent, et la douce tonalité que lui conférait son accent s'accentua :
- Je peux vous y guider, je m'y rendais avant que ce rustre ne renverse mon panier.
Thaddeus se mit à rire en voyant la grimace qu'elle effectuait pour imiter le chevalier du Temple.
  Lorsqu'ils furent arrivés, le sergent fut soudain prit d'un doute. Idiot, se dit-il avant de dire franchement :
- Nous reverrons-nous ?
- Très prochainement, répondit-elle, avec un sourire mystérieux qui fit frissonner le sergent. Les frères s'occupent de moi ici ! Et je participe aux vêpres.
- Je ne pourrais vous y accompagner.
- Je le sais. Un chevalier du Christ accompagné d'une femme serait terriblement mal vu, se moqua gentiment l'italienne.
- Je ne suis pas encore chevalier ! se défendit Thaddeus, pour une raison qui lui échappait.
Nouveau sourire. Il demanda :
- Que faites-vous ici au juste ? Vous n'êtes pas là pour coudre nos surcots je présume.
La blonde regarda derrière son épaule et désigna une direction.
- Je crois qu'il vous attend.
L'anglais se retourna pour voir William qui s'approchait doucement, de peur de les déranger. Le blond lui fit signe et se retourna vers l'inconnue.
- Alors ? insista-t-il d'une voix douce.
Le visage de la jeune femme se ferma :
- Il vous attend, répéta-t-elle. Vous allez être en retard à la messe !
Elle embrassa sa joue, plongeant le nez dans sa barbe naissante.
- Peut-être vous le dirais-je quand vous serez prêt à l'entendre, murmura-t-elle, ses lèvres veloutées près de son oreille.
Il la dévisagea lorsqu'elle partit, le saluant lui et le Gallois qui approchait.
- Est-ce elle “ta jument”, mon frère ? ricana-t-il
Le sergent lui lança un regard noir qui le fit taire. Des questions se bousculaient dans son cerveau fatigué. Elle ne semblait pas atteinte moralement et même si son teint était un peu pâle, elle ne semblait en rien malade. Aussi, que faisait-elle ici ?
Il secoua la tête. Il était militaire, non médecin.

***
Dictionnaire vieux français / italien ♥
*Homosexuels
** "Si/Oui. De Gênes."

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