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 Ange - En cours. [T]

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TiPanda

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MessageSujet: Ange - En cours. [T]   Dim 4 Jan - 3:21

Bon. Voilà le début d'un truc qui ne verra peut être même pas sa suite voir le jour. Bref on verra bien (disons 70/30 pour que ça continue). Ah oui et j'ai ouvert une section commentaires pour ce truc donc hésiter pas à venir me lancer vos cailloux ! :3

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1. Le vent glacial souffle son hymne dépressif dans mes oreilles. Il me répète encore et encore cette vérité glaçante. Je ne suis pas encore prête à l'entendre. Je veux un peu plus de temps.

Elle me rappelle chaque détail de son sourire, de son rire ou encore des larmes que j'essuyais quand elle était petite. Elle venait se blottir contre moi dans le fauteuil où je réfléchissais chaque nuits. Comment aider cette toute petite fille condamné ? Je retournais la question dans tous les sens encore et encore. Et souvent je pleurais en silence pour ne pas la réveiller. Mes larmes coulaient et allaient s'écraser  dans ses cheveux. Il étaient noirs à l'époque. On apercevait cependant déjà les premières traces de ta maladie. Ils commençaient déjà à blanchir. Ce n'était que de toutes petites mèches à l'époque et elle ne devait pas avoir plus de six ou sept ans.  Et parfois, lorsque je pleurais elle ouvrait les yeux et me demandait avec cette voix de petite fille pleine de sagesse : "Pourquoi est-ce que tu pleures ? Tu auras largement le temps pour ça plus tard !" Elle ne se rendait pas compte à quel point c'était vrai. Elle ne savait rien de sa maladie à l'époque. J'expliquais les traces de blanc dans ses cheveux en lui racontant qu'un blaireau était venu voir son berceau quand  elle était toute petite, l'encourageant dans la vie et la rendant sage en lui offrant ces cheveux. Elle était toujours heureuse d'entendre cette histoire et ça la rendait plus forte face aux moqueries des gens à l'école. Elle arborait alors un grand sourire satisfait et marchais plus droite et plus fière qu'avant. Elle n'avait pas beaucoup d'amis, les petites filles orphelines ne sont pas légions à l'école. Malgré sa différence, il y avait une fille qui l'avait accepté. Une seule. Pour toujours. Elle l'a toujours accompagné où qu'elle aille. Elle avait compris que la différence entre elles ne changeaient rien. Quand voyais ma toute petite fille blaireau courir la rejoindre, je me surprenais à espérer que cette maladie n'était pas réelle, que ce n'était qu'une mauvaise blague de sa -notre- mère. Puis me revenait l'hôpital, la souffrance de maman à la fin, ces cheveux blanc immaculés et surtout les ailes. Immenses, magnifiques et annonciatrices que la fin était proche.  Elle murmurait à mon oreille que je ne devais jamais emmener La Joie dans cet hôpital, que je n'avais pas le droit de détruire cette si belle enfance. Maman l'appelait La Joie. J'ai toujours trouvé ça un peu excessif, mais quand elle riait je comprenais le sens de ce surnom.
Une voiture manque de me renverser et le conducteur klaxonne à tout va. Je traverse donc rapidement et continue la marche. Les lumières de la ville me blessent plus le cœur que les yeux. Dans le temps, ils étaient bleus. Depuis quelques temps ils sont devenus sombre, d'un gris-noir triste et violent. Comment ils sont devenus de cette couleur n'a pas d'importance. C'est ce que je prétend. J'arrive Rue Montespan. J'ouvre la lourde porte du vieil immeuble, monte lourdement les escaliers et sonne à la porte du Dr. Mare, un grand psychiatre renommé parait-il. Il m'ouvre. À mon grand étonnement il est plutôt jeune. Dix ans de plus que moi peut-être. L'homme m'accueille un grand sourire au lèvre et m'offre un café trop sucré dès que j'ai passé le pas de la porte. Je m'installe dans un des fauteuils trop mous présent dans cette salle qui m'étouffe quoi que je fasse. Il me demande de raconter mon histoire et la raison de ma présence ici. Ma voix se brise. Des larmes silencieuses coulent sur mes joues. Les larmes de la culpabilités. Elles sont autant d'armes contre mon cœur et mon esprit.

2.
Je me retrouve de nouveau dans la rue une heure et demie plus tard, presque apaisé, chose rare depuis que... Je me refuse toujours d'y penser. Mon téléphone vibre dans ma poche. Je n'ai pas envie de répondre. Je l'ignore donc. Je monte dans un bus, me mêlant à cette foule enjoué à l'arrivée des fêtes de fins d'années. Il y a une vielle dame assises dans un coin, un petit sourire au lèvre. Ce qui semble être son petit fils regarde les lumières de la ville émerveillé. Cette innocence... Elle ressemble à la sienne. Non. Il n'est pas encore temps de penser à ça. Je dois profiter de ce répit. Dans le bus il y a aussi un groupe de fille qui doivent avoir à peu près le même âge que moi qui parle à une vitesse hallucinante de ce qu'elles vont faire pour les fêtes, quelle robe elles mettront et avec qui elles danseront. Et dire que jamais elle n'aura leur âge. Jamais elle ne dansera au bras d'un garçon jamais... Stop. Je dois en profiter. Je sors mon téléphone. Trois appels en absence. Pas d'importances.
Le bus s'arrête, je descends et je commence le chemin vers mon appartement. Je m'arrête un instant sur le seuil. Je sais parfaitement à qui appartient l'odeur qui règne sur le palier. Je soupire et fait tourner la clé dans la serrure. Je dis en entrant : "Je n'ai pas envie de parler Karin. Je vais me coucher. Il y a à manger dans le frigo si tu veux."
Une tête hirsute d'une vingtaine d'année émerge d'un tas de coussins sur le canapé et me dévisage. Ce qu'elle semble voir attriste brutalement ces traits. Elle se lève court vers moi et m'enlace brutalement. Elle murmure alors : "Je suis là. Ne m'oublie pas. Je vais rester passer la nuit. Je prends ton canapé. Et ne proteste pas." Mon amie me libère et je continue doucement ma marche jusque dans ma chambre. Je m'écroule sur le lit. Et pleure. Encore.
Je finis par sombrer dans un sommeil agité. Je rêve. La petite fille aux cheveux blancs est là. Elle me parle. M'accuse. Me hurle dessus. Mon esprit se brise encore. Je me réveille en hurlant, baignant dans ma sueur et dans mes larmes brulantes. Karin fait irruption encore plus hirsute que tout à l'heure. Elle me voit s'approche de moi, grimpe sur mon lit me prend contre elle et me berce en me répétant pendant de longues minutes : "Ce n'est pas ta faute. Tu n'es pas seul. Je suis là. Je serai toujours là. Respire." Finalement elle me prend par la main, m'emmène à la cuisine. Elle fait du café et m'en sert une tasse. Elle met deux sucres dans le sien. Je me brise encore, salant mon café. Karin me parle de choses et d'autres pendant que toute l'eau de mon corps prend la fuite. Elle me parle de son ex-petit copain qui l'a quitté pour une autre. Elle me parle de sa vie en général, de ce qu'elle aime faire, de ce qu'elle aime voir, entendre manger. Je sais déjà toutes ces choses. Mais bizarrement ça me fait du bien de voir que ces choses là n'ont pas changé. Mes yeux finissent par cesser leur lent écoulement. La tête hirsute me parle toujours, me racontant des choses amusantes qu'elle a vécu. Je n'écoute pas vraiment. Je lève vaguement la tête. Je connais par cœur chaque trait de son visage. Ces yeux bleus absolument pas raccord à ses cheveux bruns coupés courts et définitivement indomptable. Comme toujours lorsqu'elle m'observe elle penche légèrement la tête sur le côté. J'esquisse un petit sourire et là c'est un festival sur son visage. Ça bouche s'élargit dans un sourire solaire, ces sourcils se lèvent vers le ciel et ces yeux s'ouvrent totalement, noyant le monde entier dans leur bleu. Heureuse comme jamais, elle se lève se dirige vers moi, me fait un petit bisou sur la joue et me murmure à l'occasion : "Ne t'avises pas de partir toi. Tu n'as pas le droit d'accord ?" Elle continue alors ça route. Quelques instants plus tard l'eau coule dans la salle de bain. Quelques minutes plus tard la porte de mon appartement s'ouvre et ce referme doucement. Elle a laissé cette odeur. Toujours cette odeur. Mais me voilà de nouveau seul face à la réalité. Je la rejette encore une fois.

3. Quelques heures plus tard, le cœur plus léger d'avoir croiser un rayon de soleil, je décide de sortir ruminer mes pensées dans la foule. Dehors, le ciel est gris opaque. Le vent siffle dans mes oreilles. Un flocon tombe sur mon visage. Un autre sur ma main. Je lève alors les yeux et ce que je vois dessine un sourire béat sur mon visage resté fermé jusque là. Je continue donc de marcher les yeux rivés sur le ciel. Mes pas me conduisent au cimetière. Une bourrasque emmène mon sourire au loin. Je passe le grand portail de fer comme un automate. Mon coeur et ma pensée ne donne plus de réponse. Tout est brutalement mort en moi. Je passe entre les tombes sans un bruit, comme un fantôme. Mes pas me conduisent irrémédiablement là où git ma toute petite chose. Elle aimait les choses simples, sa tombe est à cette image je suppose. Son inscrit dessus son prénom et ses dates. Treize ans. Elle allait fêter ton anniversaire. Je tente de refouler les souvenir mais ils s'imposent trop brutalement. Je me sens tomber à genoux et je me fais engloutir par le passé.

Le soleil brille haut dans le ciel. L'air à cette odeur délicate d'été mélancolique. Les stores de sa chambre sont grands ouverts. Le soleil inonde ces cheveux dorés. Ce sont ces derniers jours de vie. Elle le sait. Le passage au doré de ces cheveux en est un signe de plus. Le ciel l'appelle. Elle respire l'air doucement et laisse un sourire se dessiner sur son visage. Une larme silencieuse coule alors sur mon visage. Avec le recul j'ai envie de me baffer. Pourquoi pleures-tu ? Pourquoi ne profites-tu pas des derniers jours ou heures avec elle ? Pourquoi te laisses-tu abattre ? Idiot ! Je me regarde dans mon passé et je me trouve pathétique. Elle se tourne alors vers moi, un sourire solaire sur les lèvres, et s'exclame : "Allons dire bonjour aux autres gens !" Elle s'élance, kidnappe ma main et m'entraîne en courant dans le couloir. Elle entre dans la première chambre : "Bonjour madame Delavoine ! Comment allez vous ?" Je ne parviens pas à entendre la réponse. J'entre à mon tour dans la chambre. Elle parle avec une vielle dame sans doute ici pour finir paisiblement sa vie... Comme ma petite chose. Elle ressort en lançant un signe de la main. Elle continue sa course dans le couloir, ses ailes blanches immaculés (encore un signe d'avancement de la maladie, plus le temps passe plus elles sont consistantes et blanches) maintenant faisant un petit bruit de frottements par terre. Elles encombrent tout le couloir. Elles doivent mesurer au moins deux mètres chacune. Elles sont magnifiques. Mon petit ange s'arrête dans sa course et se retourne me criant : "Allez dépêche toi ! Je vais pas t'attendre pour l'éternité puisque je ne l'ai pas !" Et elle repart en courant. Je décide de la suivre. Je m'élance dans le couloir. Un rire sort brutalement du plus profond de mon âme. Il éclate détruisant toutes les pensées sombres que je pouvais avoir jusque là. Il me fait l'effet d'une décharge électrique et j'accélère jusqu'à la rattraper. Nous courrons maintenant de front, et commençons la tournée du reste de l'hôpital ensemble. Avec le sourire, elle aide et je l'accompagne. Depuis qu'elle ait malade les gens sont heureux dès qu'elle les touche. Je la laisse donc s'approcher d'une femme d'environ 40 ans, la prendre dans ses bras et lui parler de son prochain rétablissement. Je jette un coup d'œil à la feuille qui pend du lit. Cancer en phase terminal. Il n'y aura pas de prochain rétablissement. C'est simplement impossible. Et pourtant elles ont l'air tellement heureuse. Je les laisse donc en paix. J'embrasse le haut du crâne de ma petite illumination et lui promet de repasser bientôt.

Je suis de retour dans mon présent, je tremble comme une feuille, et je suis à genoux sur sa tombe. Je me lève et je pars en courant du cimetière. Je  cours pour oublier mais le puis-je ?
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quyvn

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Date d'inscription : 14/07/2015

MessageSujet: Re: Ange - En cours. [T]   Mar 14 Juil - 4:57

magnifique

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Ange - En cours. [T]

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